mercredi 28 mars 2007

Lovecraft à Québec

Ai pris une marche tout près de chez moi jusqu'à l'édifice Saint-André. Et la plaque est là, bleue, vernissée: "H.P. Lovecraft a séjourné ici..."
L'immeuble est massif, rénové en partie; quelques logements y ont été ajoutés, des oriels, de la brique blanche d'un mauvais goût moderne. Mais les anciens appartements s'élèvent toujours au-dessus d'une base de gros blocs granitiques qui se transforme, plus haut, en une suite de briques crêmes. En chaque coin de l'immeuble se hissent des lierres dénudées par l'hiver, comme des veines noires qui, au coeur de la résidence, trouveraient quelque source où s'abreuver.
Et je me demande lequel de ces appartements à vraiment connu Lovecraft, ses pas, sa haine, ses désespoirs et ses solitudes. Je sonne au hasard. Par l'intercom une voix chevrotante me répond.
- Pourrais-je visiter, je suis un simple passant, admirateur de Lovecraft.
- Partez, il est tard, et puis les admirateurs de Lovecraft, vraiment, faut pas leur faire confiance.
Je comprends tout à fait, je ne me ferais pas confiance non plus. J'ai beaucoup trop lu pour ça.
Je repars, attristé; mais quand même ma ville est neuve, est grande, a connu l'Histoire. Je n'y étais pas (dirait Musset), mais ma cité, si longtemps ennuyeuse, y était. Enfin elle est devenue un livre, un peu, comme les Paris, les Londres, les New York de ce monde - et chaque rue est une page tournée.
Québec m'excite à nouveau; elle redevient l'aventure de mes premières découvertes adolescentes.
Oui, peut-être qu'une nuit je buterai contre un objet lourd, dans le parc au bas de la rue, un objet obscur à demi enterré. Je creuserai et se dévoilera à moi le Nécrono...enfin ce livre qu'on ne peut pas nommer.

mardi 27 mars 2007

Les deux solitudes

Fou comment les francos disent "mort de rire" et les anglos "dead serious".

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Retour sur les provinciales et sur le commentaire de Claude Charron, au journal TVA : 70% des Québécois ne veulent pas de Charest comme premier ministre. Seulement 1 Québécois francophone sur 4, voire 1 sur 5, a voté pour le gouvernement au pouvoir. Autrement dit, les libéraux sont imposés à 80% des Québécois francophones, et ce, en grande partie par l'île de Montréal et ses minorités anglophone et allophone. Nous sommes de retour au 19e siècle? Il est où la berceau de l'Amérique française? Et la nation? Non, vraiment, l'indépendance n'est pas nécessaire. Les pauvres Québécois s'en sont lassés.

Tu feras de grandes choses


Jeff Gosselin de l'ADQ qui chiale à son chef. Il se croyait l'élu du parti! Il avait la marque de naissance en forme de Graal et tout et tout! Au bas de la fesse, en plus!

Génération désillusion


Ah!

Il a vieilli, notre Québec. Il a officiellement abandonné ses rêves de jeunesse. Il s'est acheté un bungalow en banlieue, a pensé à sa petite famille (et surtout, à cette poche qu'elle vidait et qu'il veut un peu plus pleine), à sa job, à la shop.

Et puis ce ne sont pas que les jeunes qui ont votés ADQ (de la jeunesse, au Québec, il y en a de moins en moins, et pas assez pour combler 41 sièges), ce sont tout autant les baby-boomers.

Et voilà c'est fait : la génération 68 a oublié son vieux rêve. Le bonheur des Québécois vieillissants n'est plus dans le pays, mais dans la famille.

Elle n'est pas morte la souveraineté. Il lui faut du temps. Le temps que tous ces péquistes renégats vieillissent encore, prennent leur retraite, s'achètent une maison très loin à la campagne (Côte-Nord, Gaspésie, Saguenay...), repensent à leur jeunesse, soient touchés de nostalgie. Leurs vieux rêves reviendront.

Oui, les aînés il faudra les garder en vie (investissons dans la santé!), car les prochains vieux du Québec seront ceux de la liberté.

Bibliothèque de Babel

Ca y est, j'ai pris la décision de me perdre dans l'univers des blogues. J'espère que vous me trouverez.

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Vraiment, Borgès serait vert de Jalousie : je m'égarais dans Wikipédia tout à l'heure, j'y ai égrainé trois heures - et j'ai compris enfin ce qu'était la bibliothèque de Babel, le livre de sable : un savoir mouvant qui ne se laisse jamais saisir. Il semble toujours qu'un fil s'évade de la pelote de laine; et nous l'empoignons d'un clic pour ne trouver en définitive qu'une autre pelote de laine, de laquelle jaillissent mille bouts de ficelle.

Oui, la connaissance ressemble à l'argent. Dès qu'on se projette un tantinet dans le futur, il semble qu'on en ait jamais assez. L'argent, on en voit jamais le bout, le savoir non plus - et c'est ce que crystallise Wikipédia, comme la Bourse crystallise le capital.